Rencontrer quelqu'un que l'on connaît qu'on avait perdu de vue fait toujours chaud au cœur, (surtout par ce grand froid) mais c'est aussi le moment de se rendre compte que notre passé n'est pas plus éloigné que notre futur, et qu'il nous attache presque plus profondément. On se posait la question de notre futur et du passé. nous ne connaissions rien du premier, le deuxième ne nous plaît pas forcément mais il nous est familier. "Ton année se passe bien?" "J'espère, je le saurai demain..." "Tu sais quoi faire après?" "Je ne sais pas". Tout cela redonnait la pèche. Peut-être parce que pour une fois, des bonnes nouvelles pouvaient arriver à côté de nous. Ça change des longs discours inutile qui nous dit que la fac d'Histoire ne sert à rien.
C'est alors que l'on se dit que le temps n'est là que pour détruire ce que l'on essayait de construire. Que le temps est cette chose paradoxale que l'Homme inventa. Une chose qui nous sépare des bonnes personnes, peut-être les meilleures. On se dit que notre grande société qui a tout fait pour donner à l'Homme une vie incroyable, est en train de pourrir l'intérieur humain, le cœur de la société. Elle s’autodétruit. Je n'aime pas penser à cela. Et je préférais en rire que d'en pleurer. Hier, j'avais des amis que j'adorais, que je ne vois presque plus. Aujourd'hui, j'ai des amis que j'adore, aussi. Mais que je ne verrai peut-être plus. Et je pleurai plus encore. Demain, j'aurai un travail, peut-être. J'aurai de l'argent, peut-être. J'aurai une famille, peut-être. Mais aurai-je toujours ces amis? Qui m'aident à survoler les souffrances alentours, qui aident à casser la lassitude et la routine des journées similaires.
A quoi cela sert-il de surmonter la crise, si le résultat est une société moralement détruite? Pourquoi croyez-vous que les jeunes boivent de plus en plus? Pensez-vous réellement que c'est grâce à leur bonheur? Je ne veux pas finir alcoolique, messieurs, mesdames, je ne veux pas finir dépressif.
(Ceci n'est pas un message de suicidaire, c'est la société, la suicidaire.)