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La cerise sur le gâteau.

                                                   Chapitre III

Les deux héroïnes fruitières comblèrent leur fatigue d'un sommeil où mouvements et balancements n'étaient pas absents. Tombées dans cette capuche, elles se trouvaient dans une situation bien embêtante ou plutôt à manger un fruit ou deux. Le fruit du voyage ne sonnait pas très rond, elles entendaient un drôle de langage, un bruit inquiétant de ronronnement mécanique et enfin une sorte de sifflement qui ne semblait pas vouloir s'arrêter. De la fenêtre elles voyaient les prairies défilées à grande allure sans savoir par quel mystère cela se produisait.

 

La sieste terminée, elles s'aperçurent que tout s'était arrêté, finalement. Le plus inquiétant était qu'elles se trouvaient chacune dans un pot à demi recouvert de terre. Elles devenaient voisines, peut-être pour toujours.  L'humain qui les avait amenées ne se trouvait pas dans la pièce. Celle-ci faisait plus ou moins vingt milles millimètres carrés et une hauteur de trois milles millimètres! Le temps mausade n'avait pas de quoi améliorer l'humeur des deux nouvelles colocataires. Heureusement, le balcon n'était pas loin et elles pouvaient prendre les rares rayons de lumière qui passaient au travers des nuages aussi épais et gras que le kouign-amann de nos arrières grands-mères bretonnes. D'ailleurs ce kouign-amann du ciel dégoulinait son beurre rendant le monde terrestre plus grossier que jamais.

 

Devant ce silence inespéré, les deux cerises ne pouvaient attendre mieux. . Elles avaient la douce impression que le repas ne serait pas d'une composition dont elles pourraient redouter. De l'autre côté de la pièce, elles pouvaient voir un livre de cuisine, de dessert, pour être plus précis. Les deux curieuses eurent la mauvaise surprise de voir en couverture un gâteau à la cerise, elles essayèrent de détourner du regard et se fixèrent inquiètes. La cerise noire et grognonne commença:

 

"Alors ça, c'est la cerise sur le gâteau! Moi qui croyait vivre enfin en paix, on se retrouve coincer à regarder nos sœurs se faire cuisiner par tous les bouts. C'est insupportable!"

 

"Tu sais, nous ne sommes plus des cerises maintenant, l'arbre que nous serons connait toujours un taux de mortalité fort à la naissance pour nos bébés, on peut se considérer privilégier." répondit la cerise clair et clairvoyante.

 

"Mais quelle enflure, tu as vraiment l'âme d'une dictatrice. Tu sais à qui tu me fais penser? Ceritler!! (Soeur Hitler) rétorqua-t-elle.

 

"Regarde le bon côté des choses bon sang! Tu sais très bien nous sommes impuissantes devant cette injustice et que même le peuple cerisique entier ne pourrait rien faire contre l'esclavage"

 

"Parfait, alors restons les queues croisées, ne faisons rien! De toute façon, c'est pas comme si nous n'avions rien à perdre! Toi et la dictature bienpensante, je pense que vous feriez de bonnes copines, c'est vrai quoi, le régime Ceritlerien doit bien avoir sa Gestarise."

 

"Mais je ne te perm..." coupé dans son souffle.

 

La porte s'ouvrit et d'un élan athlétique, l'humain tel un guerrier rentrait de campagne avec sa fortune de guerre. Passoire sur la tête, cuillère en bois et poêle à la main, il pourfendait l'air ambiant et étouffant de la pièce. Il utilisa la fenêtre et acheva son périple dans le canapé après avoir rangé son attirail de guerre. D'un courage incroyable, il activa, d'une main de fer, un bouton avec une ingéniosité sans pareil. Tout d'un coup un écran s'alluma de lumières étincelantes. Il regarda, avec une curiosité que personne n'aurait imaginée, l'heure indiquée fougueusement dans le coin inférieur droit. 19 heures et 46 minutes. Le guerrier se rendit compte que sa poche ventrale qui lui servait d'estomac était d'une excitation extrême. Il n'y avait rien de préparé, et seul lui, de ses mains agiles pouvait assouvir ses désirs. Il s'effondra, comme un soldat percé par les balles, sur le canapé rouge. les cerises, amusées, n'en croyaient pas leur noyau. Puis l'humain se remit sur pied et dit d'un coup de génie:

 

"Il faut que je me fasse ce gâteau à la cerise."

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