La biennale de Lyon lance un concours de nouvelles avec Télérama (...). La règle est simple : votre texte devra faire exactement 2011 signes, s'intituler Une terrible beauté est née (...) et être envoyé avant le 15 octobre à nouvelle@labiennaledelyon.com. Les délibérations auront lieu mi-novembre.
Une terrible beauté est née
Sous la fraicheur de la rosée de matinée, le soleil semblait effleurer les verts contours de la nature illuminée. L’aube d’un orange parfait jouait de ses couleurs sur l’humidité du rosier. Celui-ci collé à un mur, dominait toute la nature. Les oiseaux dans le cerisier d’à côté sonnaient l’opéra naturel, et dans le champ de fleurs les abeilles bourdonnaient en butinant. Les piques du rosier s’aiguisaient aux reflets des rayons, les bourgeons d’adonnaient à la danse du temps. Le vent qui n’osait saccager la beauté de la scène, s’abstenait de bouger la rose naissante, une reine. Des pétales s’étalent dans un rouge attirant. Ces boules vertes y saignaient et la plaie de couleur souriait au printemps. L’impatience de la guêpe pressait l’ouverture, le rosier accouchait d’une enfant séduisante. Les voisins s’étonnaient et sifflaient en passant car l’odeur de cette dame en était à tomber. Même les bêtes les plus peureuses avançaient entre les épines, et les plus grosses se trémoussaient les narines. Dans une soudaine inquiétude, toute une nature fut nue. En effet les êtres pensants avaient fui, seule là, se dressait une rose rougissante. Deux grands hommes qui sentent, avaient dans leur main des ciseaux tranchants. La rose faisait la timide pour calmer ses humains d’un homicide. Mais cet essai bien vain ne parvint à détourner le regard de ces messieurs. Pris d’une peur, le cœur s’ouvrit en grand, comme si elle voulait crier. La fine lame finit d’achever sec la pauvre victime et se fit enlever par sa tige fidèle. Son destin se voyait d’une sombre tristesse, aucune larme, même pas la rosée ne pouvait célébrer sa détresse. Les ravisseurs marchaient lentement en riant, jusqu’au lieu d’une bâtisse pleine de fleurs. Mise au bac avec ses consœurs, elle valait bien plus qu’un simple paquet de pétales. Cette belle ne semblait pas savoir qu’au bout de son voyage, pouvait naître la beauté d’un amour, de celui qui la donne, prouvant son admiration, à la demoiselle qui n’est d’autre que sublime.