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Cerises se risent(?!)

                                         Chapitre II:

 

·         Quand la tempête cessa de déchaîner la fureur de Zeus, la terre du jardin était comme labourée. Un calme plat régnait et même le vent n'osait plus reprendre son souffle. Les deux cerises, séparées de leur Maître, s'étaient fait torturer par les projectiles des nuages en pleurs. Dans un bruit aveuglant, la chair explosait et libérait le jus. Seul leur noyau subsistait intact au déferlement de violence.

Dans un sursaut de cerise, Peau Claire hurla comme si l'on abattait l'arbre de sa naissance.

"Encore un mauvais cauchemar..."

"Tu vas finir par germer si tu continues, dit d'un air de zombie, Nègre. Tu n'as pas l'air d'avoir le noyau très affuté."

"Va te faire cuire un œuf par un oiseau toi!"

Au moment où ces derniers mots furent prononcés, deux énormes volatiles tournaient autour du jardin cherchant une proie afin d'assouvir aux demandes de leurs petits dans un endroit éloigné, obscur pour l'esprit d'une cerise. Dans un élan de barbarie, les deux silhouettes ailées piquèrent vers les deux fruits. L'air sifflait autour tel des stukas s'approchant de leurs cibles judéo-communistes. Le bruit était infernal. Iiiinnnnnnnnnnnnn*$¨ù^£*! TA, TA! D'une violence sans pareil, nos deux héroïnes se firent enlevées non pas pour se faire sniffer, mais pour finir en chiure de moineaux nazis.

 

Ne pouvant résister et faisant les mortes, l'inconscience ne pouvait qu'abréger leurs souffrances. Pourtant les deux cerises ne savaient pas que leurs aventures ne s'arrêtaient là. Laissant apparaître la lumière du jour à travers leur bec, les cerises pouvaient voir une sorte de citadelle avec un nom plutôt ridicule, à voir si le fondateur de la ville n'était pas un peu bourré. Les oiseaux se posèrent sur le nid dans un arbre à côté d'un grand bâtiment creux où certains humains tenaient des machines à bruits. Ils semblaient tester ceux-ci. Les cerises se demandèrent s'ils n'étaient pas aussi sous l'emprise de la drogue. Pleins d'humains attendaient comme des pèlerins qui espéraient un miracle de leur sainte vierge. Mais leur sainte vierge semblait être dans ce bâtiment creux. Les oiseaux interrompirent le commérage des cerises en les envoyant d'un léger mouvement de tête vers leurs oisillons.

Mais d'un air ahuri, un oisillon s'esclaffa:

"Putain maman, c'est quoi cette bouffe de merde, je veux du KFC, bordel de merde. F---!"

"Bordel Cartbird, on a faim, nous, laisse nous manger!" rétorqua Stan.

"Je vous emmerde et je rentre dans ma paille" dit Cartbird d'un air supérieur.

BOUMBABOUM! Un grand bruit venant du bâtiment creux se fit sentir. Le monde avait sursauté en même temps. Les deux cerises tombèrent du haut jusqu'à une capuche d'un humain en face du bâtiment. Un oisillon tomba aussi sec la tête la première. SPLARCH!

"Oh mon dieu, ils ont tué Kenny! dit Stan horrifié.

"Enfoiré!"

C'est ainsi que commença la plus fabuleuse histoire de cerise que l'on ait connu. Au fond du grand bâtiment, on pouvait voir une tête de mort en forme de cassette audio avec les deux os en dessous. On pouvait lire: LA ROUTE DU ROCK.

"Délire! C'est un concert!" s'excita la grande cerise.

"Moi, j'aime pas les concerts" répondit cerise grognonne.

La foule était en délire, la boue au rendez-vous. D'ailleurs certains métalleux déjà bien torchés se jetaient dans les marres de gadoue. Ils avaient tout de commandos sauf peut-être un, au T-shirt peace and love. La bière était de la partie comme d'habitude. Heureusement le beau temps était là pour cette dernière journée. Il y avait toute l'humanité réunie. Des anglais, toujours la bière à la main, le maillot blanc à la rose rouge et au nez aussi bien rouge qui envoyaient quelques mots sympas sur des françaises charmantes: "Look at this fucking ass, Oh my god, jesus, what a fucking ass!". Des individus étranges errent seul dans la foule avec des regards plus que déroutant. Sous leur K-Way ou leur vêtements faits par leur grand-mère chérie, ils n'inspiraient que moqueries. Avec leur grand sourire niais à souhait, ils te disent: "C'est bien hein, hein que c'est bien, vous trouvez aussi hein!" Dommage que nous soyons obligés de répondre ridiculement, à ces moments nous envions les anglais qui répondent: "Oh yeah, kiss my ass" d'un air très fin.

A la fin de ce fabuleux concert, les deux cerises n'en pouvaient plus et s'endormirent dans la même capuche où elles étaient tombées.

 

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